Albert de Monaco : Rattrapé par son passé !

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S.A.S. le Prince Albert, Alexandre, Louis, Pierre, Prince Souverain de Monaco

Face à la crise sanitaire, l’image du prince est sérieusement écornée par une sombre affaire de corruption et de trafic d’influence.

Si jusqu’alors la principauté de Monaco avait été relativement épargnée par le coronavirus qui sévit sur toute la planète, ce petit coin de paradis ne fait aujourd’hui plus exception. Ce dimanche 15 mars, quatre nouveaux cas étaient signalés, portant à sept le nombre de personnes infectées sur le Rocher. Parmi elles, trois en état grave ont dû être hospitalisées.

C’est pourquoi, dès samedi soir, le prince Albert a pris des mesures drastiques visant à protéger ses sujets de la pandémie, ordonnant, à l’instar du gouvernement français, la fermeture de tous les lieux qui accueillent du public, hormis ceux nécessaires à la vie du pays. Toutes les manifestations ont également été reportées, à commencer par le traditionnel bal de la Rose, auquel le souverain est très attaché. « Le renforcement des mesures de précaution liées au Covid-19 nous conduit à reporter la tenue du Bal de la Rose, initialement prévu le samedi 21 mars 2020 », a annoncé dans un communiqué officiel la Société des Bains de Mer, co-organisatrice de ce grand raout dédié à la fondation Princesse-Grâce-de-Monaco, qui réunit chaque année quelque 800 invités prestigieux.

Cette sage décision est toute à l’honneur du souverain. Mais, si ce dernier semble gérer au mieux cette crise sanitaire inédite, il est aujourd’hui rattrapé par une sombre affaire de corruption, dont nous avons déjà fait écho. Affaire qui, depuis la parution début mars d’un article explosif dans le Canard enchaîné, n’en finit pas de générer des vagues, écornant sérieusement la respectable image d’Albert II.

Tout commence en 2015 par le procès opposant le milliardaire russe et patron de l’A.S. Monaco, Dmitri Rybolovlev, auprès duquel le prince est souvent apparu, et un homme d’affaires suisse, marchand d’art, Yves Bouvier. Le Russe accusait ce dernier d’escroquerie, puisque, selon ses dires, le Suisse, en lui vendant des tableaux de maîtres, se serait servi au passage et l’aurait surfacturé de quelque 900 millions d’euros.

Très vite, cependant, le juge Edouard Levrault, en charge de l’instruction, découvre que de hautes personnalités du Rocher seraient aussi impliquées dans cette affaire, qu’il envisage alors de requalifier : il n’est plus désormais seulement question d’escroquerie, mais de corruption et de trafic d’influence ! Parmi les personnes mises en cause, l’avocate de Dmitri Rybolovlev, mais aussi l’ancien garde des Sceaux de Monaco, ainsi que l’ancien procureur général, l’ex-chef de la police du Rocher et l’ex-ministre de l’Intérieur ! De quoi faire trembler Albert et sa principauté…

Au printemps 2019, nouveau rebondissement : les autorités monégasques font retirer l’affaire à ce juge trop zélé, une décision qui prendra effet le 31 août suivant. Dans un premier temps, le magistrat conteste, en vain. Edouard Levrault consacre alors les quelques semaines qui lui restent à poser ce que nos confrères du Canard appellent des « bombes à retardement ». Il souhaite notamment interroger le prince Albert II sur ses relations passées avec Rybolovlev. Les voyages en jet privé que lui aurait payés l’oligarque, les somptueuses fêtes auxquelles il l’aurait convié ou la valeur des bouteilles qu’il lui aurait offertes en « cadeau de fin d’année »…

Mais il y a plus grave encore. En effet, le prince aurait opéré d’importants retraits en liquide sur le compte de la Croix-Rouge monégasque, qu’il préside. À quoi ont servi ces mystérieux retraits, c’est précisément ce que le juge aimerait savoir.

Le 30 août 2019, à la veille d’être dessaisi de l’affaire, Edouard Levrault adresse un courrier à la présidente de la cour d’appel de Monaco, la priant de procéder : « à l’interrogatoire de son Altesse Sérénissime le prince Albert II comme témoin dans un dossier de trafic d’influence et de corruption. »

Le plus grand secret entoure cette démarche, une première dans l’histoire de la Principauté. Jusqu’alors aucun souverain n’a en effet été appelé à comparaître, même comme témoin, devant la justice.

Trois mois plus tôt, le prince a signé une « ordonnance souveraine » accordant l’immunité pénale à tout le personnel du palais, immunité qui ne peut être levée que par le souverain lui-même. Ce qui, en d’autres termes, signifie qu’Albert est désormais son propre juge et qu’il est en droit de s’entendre lui-même comme témoin…

Plus étrange encore, comme le révèle Le Canard encha”nŽ, depuis l’éviction d’Edouard Levrault, toutes les procédures concernant l’affaire auraient été annulées, ou seraient en passe de l’être !

Certes, pour l’heure, les priorités sont ailleurs. Non seulement Albert s’efforce de préserver son peuple du Covid-19, mais il doit également rassurer Charlène qui, comme toutes les mères, serait morte d’inquiétude pour ses jumeaux âgés de 5 ans, Jacques et Gabriella. Confinés au palais, les petits échapperont-ils au virus ?

Cependant, c’est pour son époux, victime, il y a deux ans, d’une pneumonie qui a fragilisé ses poumons, que la princesse tremblerait le plus. En effet, le souverain n’a exprimé aucune intention de renoncer aux voyages officiels inscrits à son calendrier…

Mais, une fois l’épidémie passée, le peuple continuera-t-il d’accorder sa confiance à ce prince qui s’est de lui-même placé au-dessus de la justice ? Rien n’est moins sûr…

Lili CHABLIS

Je vous joins l’émission, Pièces à conviction, diffusée le 10 juin 2020 sur France 3 relatant toute l’affaire. Vidéo mise en ligne sur YouTube par Association Victimes injustice

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